Nous avons tous un secret inavouable, et pour beaucoup de mes amis dans le cercle geek c’est celui d’avoir regardé une ou plusieurs saisons des séries CW : ces fonds de tiroirs de DC Comics réalisés avec très peu de moyens mais qui en génèrent pas mal grâce  à une diffusion régulière sur des réseaux gratuits et une audience très large.

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2012

Tout a commencé avec Arrow  : cette série inspirée du personnage de DC Comics propose un format intéressant : la saison globale aura une structure rappelant Batman Begins avec des personnages qui ont à peu près les mêmes fonctions, le tout dans une ambiance sombre agrémentée de flashback sur les origines du héros. Après une saison 2 (plutôt) réussie, la série s’enlise dans des back stories peu inspirantes, des histoires d’amour histoire de maintenir le public de femmes au foyer pour se retrouver avec un Plus Belle La vie des cosplayers avec des méchants qui se décident à apparaître de temps en temps quitte à prendre des vacances quand il faut. C’est vraiment mal écrit, les acteurs font avec ce qu’ils peuvent, les personnages semblent souvent sous exploités et les moments d’émotions arrivent mais sont trop rares et ne justifient pas un rythme aussi mauvais des épisodes.

2014

Le début de la saison 3 de Arrow a aussi été le début de la série Flash, dans le même univers. On aura droit à des épisodes croisés et cette série est venue mettre un coup de frais dans ce monde, il y a plus de blagues, c’est plus léger, j’aimais moins mais force est de constater que la série maintient son rythme jusqu’à la fin de la saison 2 (et la 3 a moyen d’être vachement cool).

2015

Saison 2 de Flash, saison 4 de Arrow et aller encore une série : DC’s Legends of Tomorrow.

Alors celle-là c’est ce que tu grattes dans les fonds de tiroirs : en gros les personnages pas assez importants dans les 2 séries précédentes. Le concept est de suivre des anti-héros à travers le temps pour arrêter un méchant que décidément on sait qu’il ne sera arrêté qu’à la fin. Et si tout comme Flash, on a 3 incohérences par épisodes, le contexte a le mérite d’être cool, l’immersion dans les différentes époques fonctionnent et les personnages sont sympas à suivre d’autant qu’on y retrouve le duo de Prison Break : Wentworth Miller et Dominic Purcell. D’ailleurs la saison 2 est prévue.

On aura à chaque fois des musiques de Blake Neely qui sont franchement pas mal et améliorent pas mal l’ambiance notamment dans DC’s Legends of Tomorrow. Et on le retrouve dans Supergirl pour un résultat moins marquant.

Enfin 2015 c’est le lancement de Supergirl, une série cette fois diffusée sur CBS qui est la société mère de CW ce qui signifie qu’on était en droit de s’attendre à quelque chose de meilleur. Bon, après la série s’appelle Supergirl et le pilote t’explique bien que c’est une histoire bien girly écrite pour ado … mais merde, plaisir coupable, ça marche.

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Bon alors je ne vous encourage pas spécialement à aller voir cette série mais comme j’ai vu pas mal de gens cracher dessus je me permet d’en parler à l’issu de la première saison.

Nous sommes cette fois-ci dans un nouvel univers, parce que c’est comme ça que DC justifie les différentes histoires. Après avoir envoyé Kal-El bébé, une de ses tantes décide d’envoyer Kara Zor-El la grande cousine pour protéger Kal. Sauf que l’explosion de Krypton la fait dévier et emmener avec elle la prison histoire d’avoir quelques ennemis, elle reste endormie dans son pod avant d’arriver sur Terre lorsque Clark Kent est déjà devenu Superman. Elle décide alors (comme si c’était logique) de cacher ses pouvoirs pour mener une vie normale (entendez là de merde du point de vue américain) d’assistante à une puissante femme de média (parce que cette fois c’est une série avec des femmes). Si le postulat paraît merdique, c’est qu’il l’est, chaque personnage est un cliché : son ami friendzoné amoureux d’elle, sa sœur adoptive / BFF, sa boss intelligente mais rude et l’homme riche/beau gosse/ambigu. D’ailleurs le scénario est directement tiré de Man of Steel, là non plus on s’est pas vraiment fait chier : sauf qu’au lieu de Zod c’est sa tante (parce que : , femme) mais bon, c’est kif-kif. Ce que j’aime bien avec ces méchants-là c’est que leurs intentions initiales sont réellement louables au lieu du classique : je veux diriger la terre mais avant je vais détruire ta ville en te laissant en vie sauf qu’au final on se retrouve dans cette configuration parce que décidemment on ne peut tourner la série qu’ici alors on ne va pas bouger de cette ville paumée pendant un an. Quant à Superman, non content de savoir voler plus vite que le son, il préfère chatter directement avec sa cousine au bureau et ne jamais se pointer parce qu’il – la laisse se débrouiller toute seule – est occupé ailleurs que sur Terre – est simplement teasé pour la saison 2 – et puis le but c’est de montrer qu’une fille se débrouille toute seule avec sa chef et sa sœur donc voilà. La sœur en question est une soldat d’élite trop ouf (alors qu’elle s’est faite recruter à peine quelques années avant le début de la série). Quant à la boss c’est la voix de la sagesse et il faut dire que le personnage fonctionne vachement bien. On aura en plus Jimmy Olsen, le meilleur pote de Superman qui rejoint [nom oubliable de la ville de supergirl] (en vrai c’est National City voilà) pour tomber amoureux d’elle. Sa copine est d’ailleurs Lucy Lane, la sœur de Loïs qui est la concurrente de Cat Grant la PDG du groupe CatCo media et chef de Kara. La grosse surprise de cette série c’est J’on J’onzz, le martien fondateur de la Justice League dont l’histoire est très bien traitée et qui te donne la sensation que l’histoire qu’on te raconte ici provient d’un tiroir plus important chez DC que les 3 autres séries.

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Alors qu’est-ce qui fait que ça « marche » ?

Un point important c’est que les acteurs s’en sortent beaucoup mieux que dans les autres séries, surtout Flash, et tout comme DC’s Legends of Tommorow et plus récemment dans Arrow, les scènes d’actions sont pas trop mal foutue ce qui fait que ça tient sa promesse en termes de divertissement. A part la scène d’intro, la CGI est correcte pour une série qui provient d’un réseau hertzien (enfin quoique CW est hertzien, CBS ils diffusent toutes les séries policières et dramas appréciées en France : Les Experts, NCIS, Esprits Criminels, Mentalist, Person of Interest). En France les séries CW passent sur TF1 donc c’est pas vraiment là qu’on attend de la qualité. Il me semble que Supergirl doit être diffusée sur Serieclub, ça vous laisse une bonne idée : personnellement ça me rappelle Buffy et l’adolescence.

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Ensuite, il y a que toutes les histoires relationnelles sont beaucoup plus intégrées dans la narration et servent l’histoire. Il n’y a pas la volonté de rajouter une couche comme dans Arrow. D’ailleurs, le ton étant plus léger, ça fait entièrement sens que les histoires personnelles aient une place plus importantes, et ça permet surtout de moins s’attarder sur les explications de plan / détails scientifiques, première sources d’incohérences surtout dans Flash et DC’s Legends of Tomorrow (encore que ça me rappelle le superbe hacking du FBI de Felicity dans Arrow à l’aide d’une Surface munie de Windows 10). Bon après j’ai pas oublié que dans les premiers épisodes les aliens ont développé une armure anti-kryptonite pour totalement l’oublier après, la base du DEO (Département de recherche extraterrestre) qui est encore plus facile d’accès que Star Labs dans Flash pour pouvoir réunir des personnages dans une pièce même s’ils n’ont rien à foutre là (et ça vaut aussi pour CatCo).

Enfin on a l’actrice principale Melissa Benoist qui a joué dans Whiplash qui est absolument adorable. Elle pourra rappeler un peu Felicity de Arrow mais je pense que ça provient de cet univers télévisé idéalisé américain Juif qui est encore plus marqué dans cette série avec Cat Grant (qui est le meilleur personnage de la série selon moi). Il y a un truc qui m’insupporte souvent dans ce genre de série et ça a été le cas de Arrow avec Laurel et son père … ce sont les retournement forcés de personnages qui s’aiment et se haïssent subitement pour subvenir aux besoins d’intrigues de la série et c’était très mal fait dans Arrow. Ils s’en sortent mieux ici où les conflits sont mieux justifiés et ne durent pas ce qui impact moins notre avis sur le personnage.

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Bref, même si Supergirl se laisse regarder plus facilement grâce à son côté assumé et avec le pari réussi de placer Kara Zor-El qui travaille avec d’autres femmes + J’on J’onzz pour sauver le monde, ça reste un divertissement basique que même les fans de DC osent outrepasser à tel point c’est insignifiant mais ça propose des interactions sympas entre les personnages de l’univers DC qui est vachement cool (l’intervention de Flash dans Supergirl était géniale). On peut juste se dire ceci : ça existe, à vous de déterminer si vous êtes suffisamment curieux/fan/ennuyé pour se décider à vous plonger dans cette univers qui est plus agréable lorsqu’on enchaine tout d’une traite. Ce qui pose problème étant donnés les cross-overs mais au final il n’y en a pas tant que ça.

D’ailleurs CW traine derrière lui  cette idée de réseau cheap, mais j’ai vu Nikita, et purée, c’était bien, surtout pour une série en 22 épisodes, ce qui est pour moi un gros handicap quand les auteurs ont quelques prétentions concernant une écriture cohérente et qu’ils ne s’appellent pas JJ Abrams.