Après The Imitation Game, le réalisateur Morten Tyldum nous livre un film de SF au pitch intéressant mais inquiétant à la vue de sa simplicité : durant un voyage interstellaire entre la Terre et la colonie Homestead II : Jim Preston (Chriss Pratt) se réveille de son hibernation 90 ans trop tôt suite à un incident sur le vaisseau. Découvrant qu’il lui est impossible de se rendormir, il fait alors face à la solitude extrême dans cette immense vaisseau et sans rien trop vous révéler ils se retrouvent au final 2 passagers puisque vous savez sans doutes que Jennifer Lawrence (dans notre top 3 des talentueuses actrices américaines) vient donner la réplique au mécanicien optimiste.

Avis de Magemo

Le film assure vraiment ce qu’il entreprend : les passages solitaires de Jim sont vraiment grandioses et dépassent visuellement ce qu’on a pu voir dans 2001, Gravity ou Interstellar car on ressent enfin l’immensité de l’espace. L’isolement  est également mis en référence à la folie de Shining avec des plans similaires, et globalement, l’esthétique du vaisseau contribue grandement à ce sentiment de solitude et de désespoir quelque peu amoindri par le barman androïde joué par un Michael Sheen génial ! Le film n’aurait certainement pas existé sans toutes ses inspirations, mais peut-on le blâmer ?

Il y a quelques années ce film aurait probablement été encensé par la critique : tout simplement parce que c’est incroyablement bien joué, le retour à une simple histoire d’amour malgré des personnages complexes et développés fait plaisir (pas besoin de satisfaire une caste LGB#µ£ chépakoi defender pour des besoins politiques). C’est un film de science-fiction à l’ancienne fait avec les moyens actuels avec des acteurs beaux, talentueux, sincèrement ; Jennifer Lawrence joue avec ses mains, ses yeux, sa voix, c’est toujours aussi bluffant. Nous étions scotchés à chacune de ses scènes.

C’est édité par Maryann Brandon, une collaboratrice fréquente de JJ Abrams avec une photo de Rodrigo Pietro qui a fait vraiment un beau travail sachant que la CGI est globalement de qualité avec en plus une 3D efficace et intelligemment utilisée.

Le film peut décevoir sur la fin, car avec un scénario aussi classique, malgré les quelques rebondissements et les péripéties pour donner une tonalité aventure, il fallait faire un choix. L’écrivain a probablement choisi le meilleur selon moi mais ça c’est à l’appréciation de chacun. Libre aux gens de réaliser leur fan-fic fin alternative.

Si vous êtes fan de SF, c’est immanquable au cinéma, il ne sera probablement pas retenu longtemps mais c’est tout de même très bien réalisé, on ne s’ennuie jamais, et c’est dommage peut-être car l’humour tangible de certaines situations peut venir casser le sentiment de solitude.

Avis de Sarokor

C’est avec aucune information sur le film que je me suis rendu en salle puisque je n’attendais pas du tout sa sortie et que je n’avais vu aucune de ses bandes-annonces, je n’aime pas particulièrement Chris Pratt et Jennifer Lawrence, et les films de SF récents me barbent totalement… Autant vous dire ma surprise parce que ça fait longtemps que je n’avais pas vu un aussi bon film de SF. On va pas se le cacher, mais le film est d’une simplicité déconcertante : le scénario tient en deux lignes (deux personnes en stase se réveillent trop tôt d’un voyage de plusieurs dizaines d’années et doivent trouver un moyen de survivre), les protagonistes sont au nombre de 2 et tout est tourné dans 4 ou 5 pièces du vaisseau maximum. Quand on sait ça, on est pas forcément attiré par le film hein. Et bien la totalité de la réussite du film repose sur le jeu des deux acteurs, qui jouent diablement bien, voir même trop bien. Lawrence arrive à nous faire ressentir ses émotions ultra vraies devant l’écran, à tel point que j’étais bouche bée dans mon siège. En plus d’être sublime, elle sait jouer, que demander de plus ?

Je parle rarement de la 3D parce que je n’aime pas ça du tout, mais là ça sert le film, tout les plans avec des écrans sont sublimés et ça donne un effet vraiment réaliste à des technologies qui n’existent pas encore à l’heure actuelle. Le film est intégralement tourné en CGI et ça se sent quasiment tout le film mais on arrive quand même à se projeter dans l’environnement qu’on nous propose. Au fil du film on arrive à distinguer les marques de vie des deux passagers qui sont censés être toujours en train de dormir et c’est ça qui donne vie au film, une situation qui ne devrait pas arriver dans un environnement ultra aseptisé.

Le film n’est pas un pur film de SF pour moi parce que ce qui fait le film est la relation entre les deux passagers et uniquement ça, leurs liens, leurs relations… Mais c’est la force du film, arriver à capter l’attention du spectateur uniquement avec deux personnages et au final très peu d’interactions avec l’environnement. Je vous conseil vivement d’aller le voir, c’est un très bon moment à passer.