« Quand je pense qu’on était 6 durant la projection de 10 Coverfield Lane le jour de sa sortie et que là la salle était pleine. » Magemo, 2017

Alors comme tout le monde j’ai vu Le Sixième Sens (The Sixth Sense) de M. Night Shyamalan, et bien qu’appréciant l’esthétique léchée, après avoir découvert le twist à peu près au milieu du film j’ai trouvé le tout très plat. J’ai également vu Incassable. Culte Incassable ! Chiant Incassable ! C’est plat, l’histoire ne tient qu’à un plot twist et le personnage principal n’a aucune motivation. Alors, en me documentant sur Incassable, d’après ce que j’ai compris, ce qui est incroyable c’est le traitement ultra réaliste d’une histoire de super héro dans une histoire qui fait comics, et ça aurait influencé Christopher Nolan … euuuh, oui si on veut mais ça reste chiant, et je n’ai jamais ressenti le côté héro sauf pour son action à la fin.

Phénomènes est bien foutu également, l’angoisse venant notamment du côté inconnu de l’élément déclencheur mais j’ai toujours eu beaucoup de mal avec son cinéma. En revanche apparemment Split c’est bien, askip, faut pas se faire spoil … alors du coup tu crois qu’il y a un plot twist mais non ce qu’on vous as caché c’est un truc minable (ou génial) à la fin que vous découvrirez par vous-même (et que je mentionne plus bas).

Intéressé par le talentueux James McAvoy, j’ai quand même voulu découvrir ce à quoi ça ressemblait. Le début n’y trompe pas, écran noir, gros texte blanc « presented by M. Night Shyaman », « Directed by M. Night Shyamalan » oui oui Monsieur Spielbrick, bravo, on a refait l’intro de 10 Cloverfield Lane. Du coup si vous avez vu le trailer vous avez vu la scène où Kevin (James McAvoy) kidnappe 3 jeunes filles Disney Channel, et bon moi j’avais trouvé ça con dans le trailer ça en devient exaspérant dans le film avec un plan de 40 secondes sur une portière et l’héroïne qui met 20 secondes à tourner la tête pour découvrir leur agresseur ce qu’elle semblait déjà savoir si on en croit le sentiment laissé par son jeu d’acteur incroyable. Ok, ce mec sait tenir une caméra, gros plan fixe sa mère avec une musique hyper lourde … #subtilité esthétiquement c’est bien mais SVP on est en 2017. Si le but c’est de parodier les séries B slasheurs je dis pas mais c’est clairement pas le cas ici. En terme de réalisation le film est comme ça : le cadre est HYPER bien monté, franchement c’est fou, j’adore ses travelling, ses cadres, les couleurs, les effets sonores mais à aucun moment on ne pourra détecter de subtilité dans les acteurs qui soit sont plats, soit sont à côté de la plaque. Et niveau écriture ? Il y a un thème abordé, celui de la souffrance. C’est la souffrance dans le passé des différents protagonistes qui forge les personnalités et explique notamment le comportement de l’héroïne et des différentes personnalités de Kevin. L’histoire est décomposée entre Kevin qui visite son docteur qui nous fait une conférence expliquant les pouvoirs spéciaux des multiples personnalités (à la Lucy) et les filles qui découvrent les différentes personnalités toutes sublimement interprétées par McAvoy. La bête arrive, celle annoncée dans la Bande-Annonce, la théorie étant que des changements physiologiques peuvent s’opérer sur une dernière personnalité dominante. Le film se passe comme il doit se passer, les gens qui doivent mourir meurent, on apprend le passé de l’héroïne par des flashback successifs, et sinon l’aventure est rythmée par un strip-tease progressif des 3 filles notamment de l’héroïne chez qui l’on découvre qu’elle possède 3 couches de vêtements (mais vous inquiétez pas, c’est important). Le film maitrise plutôt bien l’effet de la terreur et les éléments gênants, mais le rendu final a plutôt eu sur moi l’effet d’un bon film pour ado, sans plus, parce que l’écriture n’a rien de particulier et surtout que, pour un thriller, ça manque d’un plot-twist final. Alors il y en a un me direz-vous, dans ce cas rdv dans la section spoiler.

Pour les autres, vous pouvez aller voir ce film (moi je m’en fou je paye pas). Si vous aimez le cinéma de Shyamalan (aucune chance que vous soyez tombé sur cette critique) vous avez déjà vu le film et vous avez adoré et pleuré de joie à la fin. Si vous ne connaissez pas le bonhomme et que vous trouvez ça médiocre, je vous aurai prévenu.

J’ai été assez méchant de ce discours, le but était avant tout de m’amuser, je n’en veux absolument pas au réalisateur (bien que je le trouve très prétentieux dans la démarche) ni à ceux qui ont aimé le film (même si je trouve les gens particulièrement dithyrambiques sur ce gars). J’ai écrit cette critique pour aller un peu à contre-pied de la tendance, no rage de mon critiquage.

 

Section Spoiler

La grosse révélation finale c’est le thème de Unbreakable qui vient t’annoncer qu’on est dans le même univers qu’Incassable au moment où la Bête désormais appelée la Horde s’échappe et réalise ses propres capacités. Et plus tard Bruce Willis qui confirme le tout en rappelant l’existence de Mr Glass qui « était ce qu’il croyait être » au même titre que la force de David qui pourrait provenir de sa propre volonté. Bon, par contre, eux n’ont pas du tout de trouble de personnalité et la thématique du film était que le méchant cherchait son opposé car, obsédé par les comics, tout héro a son opposé en tant que méchant ; du coup perso là je trouve que ça se casse la gueule. Bref, la Horde sera le prochain ennemi principal de Bruce Willis dans Incassable 2, c’est osé, c’est intéressant, mais c’est aussi de l’exposition masturbatoire. J’ai regardé plusieurs critiques (écrites et vidéos) et je ne trouve que des gens qui ont adoré, mais à chaque fois c’était des fans d’Incassable, du coup sur moi, ça marche pas. Et ce concept osé (voire prétentieux) pas spécialement si fou que ça de tout foutre dans un univers (après tout n’importe quel Réa pourrait le proclamer comme Tarantino) ça va pas faire monter mon estimation du film. Par contre si le prochain film (Incassable 2) propose de vrais rebondissements alors pourquoi pas. Et on veut me faire croire que M. Night avait prévu son coup depuis le début ? haaa bon, moi j’y crois pas.  Du coup il y avait un jeu de mot dans le titre. Olala le twist !