L’année dernière j’avais écrit cet article après avoir regardé Supergirl durant l’été. Cette série CBS a été reprise par CW, et ayant tout regardé à nouveau cette année je vous propose un bilan des séries DC comics Arrow, The Flash, DC’s Legends of Tomorrow et Supergirl.

Je vais les traiter dans l’ordre dans lequel elles ont terminé : on commence donc avec Legends of Tomorrow qui comportait 17 épisodes.

DC’s Legends of Tomorrow

On continue avec la ligue des cosplayeurs avec quelques changements dans le cast puisqu’entre les 2 saisons le Captain Hunter a disparu et les légendes ont rencontré la Justice Society of America avec Amaya : l’ancêtre de Vixen et l’Historien Nathan.

Je vous épargne l’histoire qui vous est racontée ici, le tout étant un gros prétexte pour visiter différents lieux et périodes historiques. Sauf que bon, l’écriture reste très inférieure à la première saison. Que ce soit sur la saison ou au sein des épisodes, les incohérences sont encore plus visibles et le jeu d’acteur douteux (Ray, Sara, Stein … enfin tous) n’améliore pas la situation.  En plus on se rend compte à quel point leur action fout la merde dans le multivers sans jamais vraiment l’impacter de manière irréversible, sinon plus rien n’aurait de sens, et du coup il n’y a plus d’enjeux. C’est à se demander l’intérêt de ces faux suspenses et cliffhangers dénoncés par cette magnifique intro de Mick Rory (Dominic Purcell) « who writes this crap anyway » ; ce personnage est vraiment là pour bouffer, boire, remettre en question les autres personnages, c’est un peu le seul qui fonctionne dans le délire méta de la série.

Dans ce casting moyen, ce qui fonctionne le mieux c’est le trio de méchants : Merlyn, Darhk, Thawne mais avec un Reverse-Flash sous-exploité pour besoins scénaristiques. Malgré ce trio de méchant qui vend du rêve, et des clins d’oeil sympathique avec les guests, cette saison a peiné à me convaincre. On a toujours des voyageurs temporels qui semblent oublier qu’ils peuvent voyager, un speedster qui oublie ses pouvoirs, les immersions temporels sont des espèces de gros clichés bien stéréotypés. Tu rajoutes à ça les décors pauvres avec 5 figurants, les dei ex machinae, le caractère insupportable de Atom …

Le côté léger de la saison 1 m’a donné envie de continuer mais ça ne suffisait pas ici : les personnages manquent du charisme et les scènes d’actions avec une CGI abominable ne suffisent pas à en faire un bon divertissement.

Supergirl

Supergirl a eu droit à 22 épisodes avec le maintien de l’histoire de Cadmus amorcée dans la saison 1. Ce que je n’ai pas compris, c’est qu’on pense que la lutte contre Cadmus sera l’objectif final de la saison, notamment pour retrouver leur père. A la place, un revirement a lieu après la mi-saison pour se concentrer sur le personnage de Mon-El qui entame une romance avec Kara qui met bien évidemment des mois à partir juste histoire de faire poireauter inutilement les gens et tester les réactions sur Twitter (parce que oui, c’est comme ça que ça fonctionne).

Supergirl poursuit son message de tolérance conformément à l’histoire de Superman et aux thématiques abordées par les comics, et à ce titre la critique à faire serait qu’elle le fait de manière bien trop évidente. C’est simple : les méchants sont des fachistes, le mot est lâchée, entre la méchante de fin totalitaire qui veut « make the world great again », Maman Luthor qui est raciste car elle n’aime pas les aliens immigrés, le message anti-Trump est très explicite et peut nuire un peu à l’appréciation si on n’est pas dans leur lignée politique. Mais comme cette ligne politique est considérée comme la bien-pensance, ils y vont à cœur joie.

L’autre message c’est bien entendu le féminisme porté par ce casting majoritairement féminin. Si l’idée est globalement positive, je n’ai pas pu m’empêcher d’y voir une certaine « triche ». A savoir que Supergirl est quoiqu’il arrive plus forte que tout le monde : elle est plus forte que le Martien, que ses ennemis, que Superman, que Mon-El mais simplement par ses super-pouvoirs. Et à part ses qualités de reporters elle est souvent relativement imprudente. En fait c’est ce genre de féminisme qui consiste à inverser tous les codes : c’est elle qui embrasse les garçons, elle qui protège et escorte, James Wilson passe pour un énorme connard faible et casse-couille et derrière chaque ennemi « homme » on aura une femme qui l’instrumentalise. Si cette abondance de personnages féminins ne me pose absolument aucun problème, l’inversion des codes, elle, peut paraître forcée par simple besoin de « Girl Power ».

En plus la série garde son côté « girly » de la saison 1 en faisant s’appuyer la narration sur les relations des personnages, avec notamment une grosse sub-plot des 2 lesbiennes. Si je saluais la réussite de la saison 1 d’inclure proprement les histoires personnelles, c’est que ça permettait de s’attacher et comprendre le personnage de Kara ; mais dans cette saison 2 on a l’impression que les péripéties sont directement écrites pour influencer les relations. Tout d’abord celle entre Kara et Mon-El, celle entre J’onn et M’gann (qui fait des allers et venues sans cesse sans que le personnage soit réellement creusé), et bien entendu la flic Maggie qui comme beaucoup de persos secondaire se retrouve toujours au bon endroit au bon moment et se voit accorder un freepass pour le DEO tout comme James auparavant. Un DEO qui parait alors encore plus stupide au vu de tout ce qui s’y passe dans cette saison, c’est à peine si J’onn contrôle quoique ce soit, la sécurité a toujours l’air d’être au plus bas. Ceci n’est pas aidé par le changement de lieu de tournage, qui fait que le DEO est à présent un bâtiment en plein ville avec un putain de balcon ! Ce qui fait parfaitement sens lorsqu’on y recherche et enferme des aliens, qu’on y stocke des données sensibles et un réacteur nucléaire … Ce changement de lieu de tournage aura également provoqué la fin du contrat de Calista Flockhart (Cat Grant) qui était le meilleur personnage de la saison 1. Heureusement son départ est compensé par l’arrivée de Lena Luthor jouée par l’actrice irlandaise Katie McGrath qui a un rôle réellement intéressant mais dont l’intrigue est mise au second plan en parallèle à une relation amicale avec Kara, pas vraiment justifiée, qui semble plutôt préparer une rivalité future.

The Flash

Alors The Flash c’est incontestablement la pire de toutes, si je commence je ne m’arrête pas. Je conçois que l’histoire d’un speedster qui peut voyager dans le temps c’est le plus compliqué à écrire mais c’est un tel désastre que j’ai failli arrêter en cours de route.

Les prémices de cette saison étaient bonnes avec la création de Flashpoint, son annulation et les conséquences de la création d’une troisième timeline. Commence alors une intrigue avec un nouveau speedster ultra beaucoup plus rapide que Flash qui veut bien sûr attendre la fin de la saison avant de le faire souffrir. Un schéma assez similaire aux 2 saisons précédentes mais dont le seul mystère est l’identité de l’ennemi : Savitar. Autant le Wells de la saison 1 fonctionnait très bien avec ses révélations progressives, Zoom était menaçant dans sa tenue (et totalement à chier sans), ce Savitar n’apporte rien, sa logique est incompréhensible et les écrivains ne parviennent pas à se fixer les moindres règles dans leur univers. C’est simple : soit ils disent un truc qui ne sera pas respecté plus tard avec un prétexte bidon, soit on a un gros deus ex machina des familles. Entre les incohérences au sein de la saison, et les dizaines de débilités au sein d’un seul épisode on pourra faire un Everything Wrong with The Flash plus long que la durée de la saison elle-même ! Tu rajoutes à ça, la CGI Dé-Gueu-Lasse qui atteint son paroxysme avec l’épisode Grodd, t’obtiens vraiment un mauvais résultat.

Clairement cette saison 3 est un échec, les personnages de Wally et Jessie ne servent à rien, les évènements sont téléphonés, les explications scientifiques sont à passer en x2 si vous voulez éviter le facepalm, le jeu des acteurs est très inégal malgré l’arrivée du personnage de Julian interprété par  Tom Felton, du coup heureusement qu’ils n’ont pas abusé des cross-over.

Arrow

Après des saisons 3 et 4 vraiment mauvaises, Arrow repart avec de nouveaux coéquipiers. Et cette fois-ci, ils ont écouté les fans. Marre des histoires de couple et du sentimentalisme, on profite de cette 5ème année pour revenir à ce qui fait l’essence de Green Arrow. En effet cette saison 5 fait coïncider les flashbacks de la 5ème année avec une réflexion sur la création du personnage et la naissance de sa croisade. Ce n’est donc pas anodin que l’ennemi principal de cette saison se nomme Prometheus, en référence à Prométhée qui est à l’origine de la création de l’Homme dans la mythologie grecque. Les flashbacks sont d’ailleurs vraiment intéressants puisqu’ils concernent essentiellement le parcours d’Oliver en Russie avec la Bratva et permettent de le relier avec son action avec celle-ci dans la saison 1. On y découvre notamment le personnage de Talia, qui va bien contribuer à la création de la capuche. On est donc réellement dans la psychologie d’Oliver, comment il a démarré, comment il a évolué, les causes et les conséquences de ses actes.

Dans l’équipe on aura toujours Spartan, Wild Dog, Mr Terrific, la vraie Black Canary  et Felicity, beaucoup plus indépendante. On a aussi temporairement Ragman (Rory Regan) qui n’est pas hyper présent mais que j’ai trouvé sympa. On découvre le personnage d’Adrian Chase avec un charisme génial et l’intelligence des écrivains de ne pas en faire Vigilante qui est pourtant également présent comme ennemi.

La série réussit des scènes d’actions très bien réalisées de part les chorégraphies, les astuces de réalisation et la CGI de qualité. CW qui voulait se débarrasser de sa réputation de série drama pour teens a enfin fait marche arrière après la saison 4 en mettant fin aux relations incessantes. Le seul point réminiscent de cette époque c’est Curtis, qui est là pour le comic relief, souvent pas très drôle et qui vient casser l’ambiance inutilement à mon goût, surtout avec ces Tspheres deus ex machinaesantes. Mais son histoire de couple a été terminée et on retrouve une Canary badass, une Felicity engagée, Arrow de nouveau violent et efficace qui en plus devient maire. Cette double-vie est super sympathique à suivre, et c’est peut-être le seul personnage de l’arrowverse qui a une vie crédible. En fait l’aspect plus terre-à-terre d’Arrow permet une écriture moins alambiquée, de mieux travailler les personnages sans que le tout paraisse forcé. C’est d’ailleurs la seule série qui n’a pas besoin d’un méchant surpuissant pour avancer et durant cette saison ils ont réussi à ne pas briser le rythme pour placer stratégiquement les cliffhangers, le déroulement a l’air naturel.

Crossover

Cette saison, il y a eu un cycle assez gros de 4 épisodes crossover (1 par série donc) et disons que c’était pas vraiment nécessaire, entre décevante et inintéressante, cette invasion d’Alien n’était qu’un prétexte pour que les personnages se croisent alors qu’une est dans un autre univers et un groupe sont des voyageurs temporels. Ça fait des scènes sympas sur le papier mais ça rend du coup absurde les combats finaux où ils auraient clairement besoin d’aide les uns des autres. Du coup je suis plutôt contre dans la mesure où ça vient juste perturber chaque série individuellement. Par contre des crossover de seulement 2 séries comme ils l’ont cette année et l’année dernière (Flash – Supergirl) c’est plus modeste et ces 2 personnages fonctionnent assez bien ensemble. J’en profite pour parler des musiques : le travail de Blake Neely est toujours plaisant à écouter malgré l’OST de Supergirl un peu en dessous des autres. En tout cas heureusement que c’est là pour donner de l’ambiance à tout ça, notamment sur DC’s LoT mais là aussi c’est Arrow qui s’en sort le mieux avec tous les petits effets sonores qu’on a pu associer au personnage depuis maintenant 5 ans.

Conclusion

Cette année a réellement inversé la tendance : Arrow qui s’enlisant dans de l’intrigue à la Smallville a retourné sa veste, Supergirl qui apportait un vent de fraicheur s’enferme un peu dans son message SJW, Flash qui était décomplexé et épique devient très lassant et DC’s Legends of Tomorrow essaye de stabiliser une formule qui ne prend pas de risques, ne propose pas d’enjeu mais fait encore plus « amateur » qu’avant.

Clairement je n’ai pas besoin d’un Sex and the city avec un skin DC, je pense donc arrêter Supergirl et bien entendu Flash. DC’s Legends of Tomorrow ça peut être amusant mais comme je l’ai dit, je ne vois pas vraiment l’intérêt.

J’ai failli arrêter Arrow l’année dernière tellement c’était mauvais. Mais je souhaitais être fidèle au moins cette 5ème saison pour coller aux Flashbacks en espérant qu’ils amènent une conclusion. Si j’ai été plus que satisfait cette année en revanche c’est la fin qui laisse le plus sur sa faim. Du coup vu que c’est la meilleure et que ça finit abruptement c’est sans doutes, paradoxalement, la seule que je vais reprendre.