Co-réalisateur de John Wick et fameux coordinateur de cascades, David Leitch nous livre un film d’action / espionnage haut en couleur se déroulant en 1989 lors de la chute du mur de Berlin.

Grosses attentes pour Atomic Blonde en ce qui me concerne. D’abord parce que comme beaucoup de monde j’aime bien la musique, le bleu et le rouge (merci Nicolas Winding Refn). J’adore Charlize Theron et James McAvoy, les deux acteurs principaux mais également John Goodman, Toby Jones et Eddie Marsan au casting.

Une histoire trop bête ?

J’ai vu beaucoup de critiques reprocher à ce film d’être un John Wick féminin dénué d’histoire, ceux-là même qui encense John Wick dont la narration est encore plus poussée au second plan. Comprenez mon étonnement car malgré la confusion propre à presque tous les films d’espionnages que j’ai vu (Espions, Enfant 44, La Taupe, Le Pont des Espions) le film essaye de nous raconter une histoire, les scènes d’actions n’étant au final pas si fréquentes que ça et les rebondissements nombreux. S’il y a effectivement des maladresses dans cette narration qui ne sait pas trop comment se servir du contexte, je pense que des sacrifices ont été faits de sorte à privilégier, non pas les scènes d’actions, mais surtout la confusion ambiante qui provient du fait qu’on suit des espions et on se retrouve donc en tant que spectateur dans un flou volontaire visant à rendre plus impactantes les révélations finales.

Et l’action dans tout ça ?

On se retrouve donc avec une très grosse scène d’action dans la deuxième moitié du film avec notamment un plan séquence de 15 minutes qui enchaine un combat dans un escalier, du corps à corps crédible et violent, jusqu’à une course poursuite dans Berlin-Est qui n’a pas à rougir devant le travail de Alfonso Cuarón dans Children of Men (Les Fils de l’homme). Depuis son rôle dans Mad Max: Fury Road, on voit que Charlize prend du plaisir dans ses nouveaux rôles de cascadeuses et rappelle un peu le personnage joué par Angelina Jolie dans Salt.

Une réalisation maitrisée, que demander de plus ?

Ce réalisateur souhaite avant tout mettre en scène des cascades et des personnages badass. S’il est vrai que le contexte de Berlin en 89 n’est pas si bien exploité que ça, le film montre clairement son désir de jouer avec les couleurs notamment avec les passages très dé-saturés à Berlin-Est qui viennent s’opposer aux néons (presque) omniprésents à Berlin-Ouest la nuit. Cela peut sembler assez gadget, et ça l’est, mais pas plus que John Wick qui parcours des boites de nuit, munitions illimités, et n’arrive à tuer que les hommes de main de ses ennemis. Surtout lorsque John Wick 2 n’apporte rien par rapport 1, ça fait plaisir de voir ici un traitement différent des personnages, avec Lorraine (Charlize Theron) qui reste en partie mystérieuse pendant le film tout comme Percival (James McAvoy).

 

Après avoir vu le géniallissime Baby Driver cet été, (et un peu comme ça avait le cas après Mad Max: Fury Road qui rendit ridicule tous les autres blockbusters) les films successifs passent moins bien car ils ne sont pas aussi fluides et maitrisés ce ne pas pour autant qu’il faut se mettre à lui reprocher le manque de narration claire ou son style. Néanmoins, dans sa recherche du spectacle dans toutes ses formes,  le film peut provoquer cette sensation de gratuité des scènes d’action ou même des dialogues comme en témoigne l’attitude du « méchant » russe ou encore l’aventure passagère de l’héroïne telle une Jane Bond qui rencontre sa James Bond girl (en l’occurrence, l’actrice franco-algérienne Sofia Boutella qu’on avait déjà vu dans Kingsman).

Il n’empêche que je vais devoir sûrement le revoir pour comprendre tout ce qu’il s’y passe car dans la salle j’étais surtout surtout en train de me faire plaisir avec la musique en Dolby Atmos et je n’étais pas vraiment préparé à suivre une histoire dans un style qui rend le tout un peu confus.