Sorti le 14 Août dans de rares salles de cinéma, j’ai attendu la sortie Bluray, et plus spécifiquement l’édition collector sortie le 1 Septembre pour découvrir le nouveau long-métrage animé DC comics produit par Bruce Timm (l’inventeur du personnage d’Harleen Quinzel avec Paul Dini), reprenant le style graphique des Aventures de Batman (dessin animé de 92).

Oui bon la boite est défoncée mais on s’en fou. Le film se situe donc dans l’univers de la série de 97  : The New Batman Adventures surnommée TNBA (la suite de Batman : The Animated Series de 92 surnommée souvent Batman TAS).

Harley Quinn a quitté le crime et s’est éloignée du Joker mais Batman et Nightwing ont besoin d’elle pour retrouver Poison Ivy qui collabore avec un dryade dont j’ai oublié le nom pour transformer tous les êtres vivants en plantes. Bon, le scénario n’est pas génial, je dirais même que c’est le moins intéressant  de tous les animés Batman puisqu’il ne propose aucun retournement de situation et avec un message écolo à moitié assumé puisque Ivy est toujours plus ou moins une terroriste.

Côté casting c’est toujours aussi solide : Kevin Conroy pour Batman, Loren Lester (voix originale de Robin dans Batman Animated Series et sa suite) pour Nightwing ce qui offre une jolie continuité. Or pour Harley Quinn on a Melissa Rauch de Big Bang Theory. Si à première vue elle a la capacité de faire cette voix, j’y ai retrouvé quelque chose de très forcé. La voix d’Harley est reconnaissable à son accent : une espèce de gouaille New-Yorkaise qu’elle prend lorsqu’elle est en mode Harley (et pas Harleen) pour se donner probablement un côté plus enfantin, plus soumis aux yeux du Joker tout en ayant une voix relativement aigüe. Or ici on a l’inverse, elle a une voix plutôt grave et force à mort l’accent pour un résultat très étrange qui ne m’a pas paru correspondre à ce que j’attends pour Harley Quinn après le travail de Arleen Sorkin et Tara Strong. Son accent forcé est d’autant plus étrange qu’elle est redevenue une citoyenne « presque » normale.

Bruce Timm assume l’aspect beaucoup moins adulte de cette hsitoire dans les interviews mais d’un autre côté l’humour est-il pour enfants ? Non je ne pense pas ; déjà la série de 92 avait des thématiques très adultes que les enfants comprenaient plus tard notamment ce qui concerne les relations. Bruce Timm et Paul Dini avaient du mal à faire approuver les scènes qui montrent la relation abusive entre le Joker et Harley, ici ils assument pleinement les référence sexuelles sans que ça permette de mieux caractériser le personnage d’Harley pour autant. Tout ce que ça fait c’est que ça me met mal à l’aise. Et au delà de ça l’histoire tient plus de la parodie de Batman qu’à une vraie histoire prenant cadre dans cet univers.

On ressent cette envie des créateurs de s’amuser avec le matériau, et cette envie impacte les personnages puisque même Nightwing semble être là pour s’amuser et arrive même finalement à influencer Batman qui a l’air d’apprécier d’être un acteur dans sa propre histoire. Malgré ses remarques à Harley qui tentent de la faire revenir à la réalité on se moque des actions des méchants que Batman anticipe parce que c’est Batman, on se moque de la ceinture de Batman qui ne contient pas de spray anti-moustique mais de la vitamine D, enfin bref, tout semble être fait pour nous faire passer un bon moment mais en prenant du recul sur les personnages.

C’est un espèce de délire nostalgique des animateurs DC mais qui préfèrent se voir comme des enfants ayant grandis. Le problème c’est que ça fait un divertissement pour jeunes ados et qu’on est à des kilomètres des longs-métrages qu’ils faisaient à l’époque tels que Mask of the Phantasm dont j’attends toujours la sortir Bluray remasterisée.

J’en profite pour lâcher l’annonce du prochain animé DC Gotham by Gaslight qui replace Batman au XIXème siècle contre Jack l’Eventreur, l’adaptation du comic de Brian Augustyn qui a l’air fort plaisante.