L’ensemble de l’article est un spoil. Quittez le site et allez voir ce chef-d’œuvre. Méditez. Et revenez lire l’article.

Dans cet article je ne vais pas vous donner les réponses pour comprendre le film comme beaucoup l’ont fait à sa sortie, mais je vais vous donner mon ressenti par rapport au film, ce que j’ai aimé, ce que j’ai détesté et enfin ce que je n’ai pas compris. Mother! est un film de Darren Aronofsky (Black Swan, Requiem for a Dream, Pi…) qui se déroule dans un lieu unique : la maison d’un célèbre écrivain en pleine période de page blanche. Retiré dans la campagne profonde avec sa muse, il s’essaye à trouver de l’inspiration afin de rédiger un nouveau roman pour le plus grand plaisir de ses fans. Le personnage principal (qui n’a pas de nom comme l’ensemble des autres personnages), que l’ont appellera l’écrivain, vit pour ses fans, pour le partage, pour donner de l’amour aux gens et pour faire de nouvelles rencontres. L’intégralité du film est basé sur cet aspect de partage, qui vire très rapidement sur la destruction et le coté malsain de l’Homme, devant les yeux impuissants de sa muse qui n’accepte pas de devoir partager son mari avec d’autres personnes. Le film est construit en deux parties, la première avec un couple et deux enfants qui s’invitent dans la maison, qui donne un sentiment de malaise et de « prise en otage » des lieux par leur manque de sympathie et de respect envers les habitants des lieux; et une deuxième phase beaucoup plus traumatisante pour la muse et le spectateur, avec l’invasion de la maison par les fans de l’écrivain qui se réjouit de ce retour à la popularité et par tout l’amour donnée par ses fans. Cette deuxième partie nous tient en haleine durant de longues minutes insoutenables, se demandant quand cela va s’arrêter et jusqu’où la vague d’individus sera amenée à aller…

Ce film est selon moi un des meilleur film que j’ai pu voir durant cette année 2017, j’ai ressenti le même amour pour ce film que pour The Neon Demon en 2016, un amour viscéral pour une œuvre qui ne s’apparente pas qu’à un simple film qui raconte une histoire, une œuvre qui nous pousse à réfléchir, à essayer de comprendre combien de niveaux de lecture de l’œuvre sont possible. Ce film propose des moments vraiment dérangeants, voire désagréables qui nous font ressentir des choses que l’ont ne ressent plus depuis bien longtemps dans le cinéma actuel. Mother! est un film qui n’est pas adapté à un public large mais seulement à une élite de personnes habitués à ne pas  laisser tomber le film une fois le générique terminé. Personnellement je suis resté assis à réfléchir une bonne dizaine de minutes une fois le générique terminé au cinéma, c’est uniquement lors de l’arrivée des femmes de ménage que j’ai décroché de mes pensées. C’est là tout l’intérêt du film, essayer de comprendre ce qu’il a voulu dire, par quels moyens, dans quel contexte actuel et dans quel but. Je vous annonce que le film n’a pas de but politique comme on a pu lire dans des torchons féministes. C’est bien plus raffiné que ça (la Bible, la place de la femme, la mère nature, etc…) et c’est bien le problème du film : les personnes devant moi dans la salle se sont levé et sont partis comme si elles avaient regardé un mauvais Marvel, c’est affligeant mais on ne peut pas leur en vouloir, elle sont venues pour leur actrice préférée Jennifer Lawrence qui est passée de films de merde à une œuvre complexe et mature. Mother! ne sera pas compris par la moitié des spectateurs et c’est tant mieux, il faut des œuvres de ce type pour une catégorie de personnes prêtent à prendre le temps de la digérer.

Techniquement parlant le film est un sans-faute, filmé en 16mm l’image est plus authentique que nature, avec un grain présent mais qui donne un charme fou à l’image. Les plans sont serrés, limites étouffants dans les scènes d’action et de carnage, c’est sacrément bien retranscrit. Seul les rares effets numériques sont mauvais, très flous et mal incrustés mais ça ne gâche rien du film. Ce qui m’a le plus étonné dans le film c’est sa capacité à retranscrire la spatialité de la maison, avec des ambiances particulières dans chaque pièce (surtout dans le pièce de l’écrivain et dans la salle de bain), on n’est jamais perdu, chaque plan est millimétré pour une lecture totale de chaque scène. Parlons maintenant du jeu des acteurs qui est totalement parfait, du début à la fin. Que se soit la peur retranscrite sur le visage de la muse ou la passion sur le visage de l’écrivain chaque scène est tout d’abord portée par son ambiance mais aussi par le jeu de ses acteurs, même les scènes avec énormément de monde à l’écran sont lisibles et le sentiment ressenti par l’acteur principal de la scène est palpable…

Je vous recommande fortement de regarder Mother! lorsque vous aurez le temps de l’apprécier, de le digérer et de le comprendre sans quoi vous passerez à coté de l’ovni cinématographique de l’année.