Cloverfield, on aime ou on aime pas. Selon moi, mais c’est à débat, on est en plein dans le concept de la “mystery box” de JJ. Abrams, à savoir qu’il y a un mystère global (une attaque) qu’on ignore dans un premier temps pour se concentrer sur l’histoire de quelques personnages. Le concept est conservé pour la suite avec 10 Cloverfield Lane qui est cette fois-ci un huis clos prenant cadre dans le contexte d’une potentielle attaque : là aussi le mystère reste en fond. Mais à la différence de sa “mystery box” classique utilisée dans les séries qu’il produit, ici le mystère ne fait pas la trame du film, on peut donc en dévoiler une partie à la fin du film sans décevoir le spectateur.

Ceci a abouti à la naissance d’un “cloververse”, où chaque film n’est qu’une brique dans un évènement majeur. Chaque film a également la particularité de se cantonner à un genre très précis : un film d’action en fan-footage, un thriller en huis-clos, et un film de SF assez … classique ? Et oui, car le nouveau film The Cloverfield Paradox sans vouloir reprendre le huis clos va donc alterner de la manière la plus cliché possible l’histoire sur Terre et les péripétie d’un groupe d’astronaute dans l’espace.

Écriture

En terme de structure, on est assez fidèle au Cloververse :  suite à un essai d’un accélérateur de particules dans l’espace, l’équipe d’astronautes ne trouve plus la Terre, celle-ci a disparu. Par la suite des évènements étranges vont se produire. Le problème (enfin c’est subjectif) c’est que l’élément déclencheur nous est expliqué dés le début du film par un caméo de Donal Logue. Ainsi il n’y a plus réellement de mystère dans ce film de sci-fi surtout pour ceux qui auront regardé la série Fringe (également produite par JJ Abrams). Et le problème c’est qu’en plus de cette banalisation du contexte SF, le reste des évènements est beaucoup trop dans le cliché assez mal exécuté. L’alternance avec les retours sur Terre n’apporte strictement rien, les morts sont très téléphonées et les dialogues sont parfois à la limite du nanar.

C’est dommage parce qu’en soit le scénario est loin d’être débile et offre un contexte intéressant au premier Cloverfield. Avec la réserve que le monde a l’air normal dans les premiers films alors que dans celui-ci il est au bord d’une crise mondiale en raison d’une pénurie d’énergie (qui nous guette réellement). Ceci-dit ce contexte donne des arguments au comportement de John Goodman dans 10 Cloverfield Lane sauf que la peur venait surtout de son étrangeté et de sa paranoïa, c’était donc une des choses qu’il aurait mieux fallu éviter de justifier.

J’ai vu le film il y a 2 jours, j’ai oublié le nom des personnages (tu me diras ceux des premiers films également), il y en a un qui a le rôle comique qui aboutit à des réactions d’une absurdité sans nom gâchant ainsi un scénario correct.

Réalisation

IL Y A DES PLANS OBLIQUES parce que c’est ETRANGE et on est dans l’ESPACE avec de la gravité quand même hein faut pas déconner. On a des inserts à foison sur les écrans de la station qui ne font qu’afficher des messages génériques et réitèrent ce que les personnages disent. Rien de bien original surtout quand on se plaignait de Life sorti mi-2017 qui, après réflexion, est en fait un assez bon Alien. Malgré une musique intéressante qui rappelle l’intro de 10 Cloverfield Lane il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent et me fait peur quant aux prochaines productions Netflix. On est en dessous de ce que peut faire une série telle que The Expanse. Avec 3 fois le budget de 10 Cloverfield Lane ce qui reste assez modeste (45 Millions $) on aboutit à un film trop simple, rempli de clichés qui deviennent alors difficilement pardonnables.

Conclusion

Sans être désagréable à regarder (quoiqu’il y a un peu de gore) The Cloverfield Paradox n’est pas très bon mais il a le mérite de ne pas abîmer le lore (ce qu’on peut dire de Alien Covenant) et propose une origin-story assez intéressante pour le contexte de Cloverfield. Mais pour une série de films qui repose sur le mystère et l’inattendu, je ne sais pas si c’était vraiment utile.