Aucune idée de la réelle ambition de Sony pour ce personnage mais après visionnage il me semble que le but est simplement de garder les droits d’exploitation de Venom en film depuis que Marvel Studios a récupéré ceux de Spiderman.  Tom Hardy en Eddie Brock, et Michelle Williams en sa copine dont j’ai déjà oublié le nom, on suit l’aventure de cet anti-héro alors que le méchant scientifique riche sans déontologie récupère des symbiotes trouvées sur une météorite. Si les motivations du méchant peuvent paraître “sensées” au début, le scénario s’écroule rapidement pour un résultat ultra fade agrémenté d’humour assez mal-venu si les studios avaient de l’ambition scénaristique. La question de la fidélité aux comics ne se pose même pas tant le traitement de Venom en standalone sans Spider Man relève déjà du spin-off qui ne sert qu’à exploiter le succès visuel d’un personnage. Et alors que le film aurait gagné en profondeur en approfondissant Eddie, on se retrouve avec un film d’action qui n’assume pas son côté noir et dilue la violence dans des blagues pour rester dans le PG13 et oublie de nous présenter un méchant pour finir sur une banale origin story d’un Venom qui serait un justicier (avec un changement de comportement totalement débile).

Mais ce qui reste le plus choquant n’est alors pas la débilité du scénario ou le manque de profondeur des personnage ou même les blagues qui correspondent à un choix des studios. Le plus gros choc pour moi c’est réellement l’absence d’une quelconque mise en scène, ce film a-t-il eu un réalisateur ? la musique a-t-elle été réfléchie ? Les scènes d’actions sont inintéressantes, pas du tout originales et particulièrement illisibles sur la fin tellement tout est sombre (pourtant vu en 2D). Rien n’est visuellement intéressant avec les symbiotes, aucun gore, rien qui nous fasse nous préoccuper pour Eddie qui vit tout de même une crise assez importante sur le plan physique et psychologique. La schizophrénie est simplement présente pour l’humour du film qui, bien que réussi grâce au talent de Tom Hardy, ne sauve pas ce dernier.

Du coup pas grand chose à se mettre sous la dent chez Sony en ce qui concerne leurs projets de films. Si Amazing Spider-Man avait ses défauts, quelque part on y voyait le potentiel des comics Spider-man à l’écran. Ici, une scène inter-générique sans subtilité nous annonce Carnage alors que Venom est déjà un “gentil” et histoire de garder le public jusqu’au bout un extrait de 5 min du prochain dessin-animé Spider-Man post-générique m’a quasiment totalement refroidi tellement ça parait enfantin. Venom ne fait même pas le strict minimum tant il a abandonné toute ambition scénaristique ou artistique au profil d’un divertissement générique taché d’humour facile.