J’attendais Detroit avec une certaine impatience puisque ayant apprécié Heavy Rain (ne parlons pas de Beyond Two Souls s’il vous plait…), je voulais connaitre le nouveau film interactif de David Cage. Pour tout vous dire je suis très partagé face à Detroit Become Humain puisque je ne crois en aucun cas que l’intelligence artificielle et les robots humanoïdes seront une réalité ou même un problème, donc le postulat de départ est selon moi invraisemblable. Mais passons…

Detroit est un jeu narratif qui nous place dans un univers alternatif pas si éloigné du notre, la technologies y est semblable et à quelques années d’avances par rapport à nous. La vraie différence est que l’intelligence artificielle est arrivée à un stade plus qu’avancé et pose des problèmes puisque les robots dotées de cette AI deviennent autonomes et ressentent des émotions. Voilà tout le propos de Detroit Become Human.

Graphiquement, le jeu oscille entre du bon et du très moyen, en extérieur c’est très plat, lisse, moche, alors qu’en intérieur c’est souvent très détaillé et réaliste (la PS4 fait ce qu’elle peut avec ses 8 Go de RAM et sa HD 7870à. Les visages sont souvent inexpressifs et mal retranscrits, les androïdes et les humains sont figés et expriment une faible palette d’émotions. C’est très dommage, le jeu se basant soi-disant sur les émotions et les réactions entre humains et robots…

Le “jeu” se découpe en 3 lignes de scénario : un androïde envoyé par la compagnie de robots pour enquêter avec la police sur des cas de robots déviants, un robot déviant (justement) qui rejoint la “résistance” des robots oppressés par leur propriétaire (…), et un autre qui s’occupe de sortir les poubelles dans une maison habité par un alcoolique. Ça donne envie n’est-ce pas ? Autant vous dire que seule l’histoire de Connor (le flic) est intéressante et j’ai tout fait pour faire échouer les deux autres lignes, mais il faut bien 7-8h de jeu avant de vraiment pouvoir amputer une partie du récit, vu qu’au final on ne nous donne le choix que pour laver la cuisine. On vous donne le choix de temps à autre pour influencer le récit mais c’est tellement flagrant que ça en devient assez artificiel… C’est tout sauf subtil.

La ligne de Conor est tout à fait intéressante et aurait pu à elle seule être Detroit, et aurait pu devenir le nouveau L.A. Noire. L’enquête est assez rythmée, le robot très charismatique, le flic que l’ont suit a un vrai backgroud et on se plait à lui poser des questions personnelles. Le seul interrogatoire (bien qu’expédié à une vitesse folle) est assez intéressant à réaliser. Je ne comprend vraiment pas pourquoi les deux autres lignes de l’histoire ont été ajouté, elles alourdissent le jeu et en font un mélange indigeste… C’est dommage.

Au final le jeu est fade, long, ennuyeux mais propose un vrai concept innovant qui peut plaire aux amoureux des QTE. Manque de rythme, de musique, d’ambition, de personnages, d’intrigue. J’ai d’ailleurs cassé une manette sur ce jeu, ce qui ne m’étais pas arrivé depuis Athènes 2004 sur PS2. Je suis assez critique envers ce Detroit parce que j’en attendais beaucoup et j’ai eu ce que je ne voulais absolument pas.

13/20