En 2008, le studio Level-5 annonçait travailler sur un nouveau projet pour fêter ses 10 ans. Ils créèrent ensuite la surprise en annonçant être en collaboration avec le légendaire studio Ghibli. 2 ans plus tard sortait Ni no kuni sur DS: alliant le talent artistique de l’un avec l’expertise technique de l’autre, ce dernier s’est imposé comme l’un des nouveaux piliers du RPG japonais. Il y était question d’Oliver, un jeune garçon qui se trouve transporté à Ding Dong Dell, monde fantastique sous le joug de la sorcière céleste. Ce dernier découvre qu’il est un magicien et part à la recherche des 4 sages afin de libérer ce nouveau monde et pouvoir retourner chez lui. Le jeu connût rapidement un portage sur PS3 et un excellent accueil en Occident.

7 ans plus tard Level-5 nous livre donc une suite sous la forme de Ni No Kuni 2 : L’avènement d’un royaume. L’histoire tourne cette fois autour d’Evan Pettiwhisker Tildrum, prince mi-humain mi-chat qui doit succéder à son père en tant que roi de Carabas. Un coup d’état organisé par le peuple des souris le voit cependant déchu de son titre et il ne doit sa survie qu’à Roland, président américain téléporté à Ding Dong Dell après un bombardement nucléaire (Je sais, moi aussi). Épaulé par Roland et les compagnons qu’il se fera au cours de son aventure, Evan va donc tenter de fonder un royaume “aux milles sourires” et trouver un Gardien, créature légendaires qui doit le bénir en tant que roi.

 

Il est à noté que contrairement au premier opus, les studios Ghibli ne sont cette fois pas impliqués. Plusieurs artistes ont suivis Miyazaki lors de son (énième) départ à la retraite après Le Vent se lève en 2013, mais Akihiro Hino (patron de Level-5) a réussi à convaincre certains anciens de Ghibli de travailler sur la suite à titre personnel. On pense notamment à Yoshiyuki Momose, character designer vétéran de Ghibli qui a accepté de monter une équipe pour le projet. Ainsi même si le nom du studio ne figure pas sur  la jaquette, on retrouve tout de même la patte artistique du studio dans le design de l’univers et des personnages, mais le jeu est cette fois réalisé intégralement en 3D, comparé au premier jeu qui alternait images de synthèse et scènes d’animation classiques (Jusqu’à 4h de cut-scenes en 2D).
Artistiquement il n’y a donc rien redire. Les fans de Ghibli seront ravis de s’immerger dans le monde féérique de Ding Dong Dell et retrouveront vite leurs marques. Le tout est supporté par un doublage japonais qui donne réellement de la vie aux personnages. Il est possible d’avoir les voix en anglais, et même si le doublage est correct, il est recommandé de prendre les voix originales pour une expérience plus immersive. A noter que le jeu est en 4K sur PS4 Pro, ce qui appuie encore plus le charme esthétique.

Une différence notable par rapport au jeu précédent réside cependant dans le gameplay. Ce dernier proposait en effet un système de combat à mi-chemin entre Pokémon et Final Fantasy XII, où l’on pouvait choisir parmi plusieurs familiers qui possédaient chacun plusieurs options de combat(Attaque, magie…). Ceci donnait lieu à une sorte de RPG stratégique en temps semi-réel. Le joueur pouvait donc investir plusieurs heures dans l’acquisition de familiers plus puissants qui pouvaient être améliorés grâce à certains objets ou nourritures.
Ni No Kuni 2 est orienté vers plus d’action, dans la lignée des derniers Tales Of ou encore de Breath of the Wild. Il est possible d’avoir une équipe de 3 personnages (Malheureusement seulement un seul incarné par le joueur et deux contrôlés automatiquement) et les combats dépendent maintenant de la réactivité du joueur. L’IA est d’ailleurs extrêmement bien faite, que ça soit pour les alliés ou adversaires et le système de Mousse est une nouveauté qui est la bienvenue. N’ayant pas complétement effacé le système de familiers, le jeu propose en effet de recruter des petites créatures qui assistent le joueur lors des combats. Basés sur un système de type éléme

ntaires il est possible de monter une équipe parallèle composée de 4 Mousses qui proposent chacun un buff ou une attaque bonus. Il est bien évidemment possible d’équiper ses personnages d’armes et protections lootables dans le monde.
Dans l’ensemble, le nouveau système de combat est accessible et varié mais il demandera parfois de la préparation en amont de la part du joueur. Il n’y a cependant pas de réelle difficulté ressentie, et cela est plus flagrant dans les combats de boss qui ne sont pas forcément différent des monstres normaux. Le jeu propose en effet beaucoup de moyens de se buff dés le début, et on se retrouve rapidement à one-shot des ennemis plusieurs niveaux au dessus. De plus, la plupart des donjons annexes ne sont esthétiquement pas au niveau du reste du jeu et sont la plupart du temps inintéressant et répétitifs, avec des énigmes qui vous prendront quelques secondes à percer et quelques minutes à appliquer.

Ni No Kuni II ne se cantonne pas seulement à des phases de combat et d’exploration classiques. Après quelques heures il est possible de débloquer 2 nouveaux modes de jeux.
Le premier consiste en un jeu de stratégie où vous commandez plusieurs escadrons et devez combattre des vagues d’ennemis. Il est présenté avec une illusion de réactivité, car vous vous contentez de déplacer Evan sur une carte vue de haut et faire tourner votre armée autour de vous, avec la possibilité d’augmenter la vitesse ou l’attaque de vos troupes. Il existe quand même certaines bonnes idées, comme la gestion numérique des troupes, la capacité unique de chaque escadron ou encore la trinité des armes (Epées, Arcs,Marteaux).

Le deuxième sous-mode de jeu est en réalité plus proche d’un jeu de gestion. Car qui dit “Roi” dit “Royaume” et il va falloir s’occuper du sien : Espérance, c’est le nom du nouveau royaume d’Evan qui s’est promis de fonder un monde de paix et une contrée au millions de sourires. Nous sommes donc en charge de bâtir, recruter et développer le tout, à l’instar d’un Suikoden ou Metal Gear Survive. Le temps de construction étant exprimé en temps réel, celui-ci rappelle également Bravely Default, avec la possibilité de fabriquer du stuff si l’on a recruté le bon artisan.
Parlons d’ailleurs du recrutement. Cela se présente sous la forme de quêtes annexes typiques JRPG: Tuer un monstre, ramasser un item dans un donjon ou bien crafter un objet spécifique. Le PNJ donneur de quête finira généralement par venir grossir vos rangs et rejoindre votre ville. Il existe 103 personnages recrutables, ce qui donne une idée du nombre d’aller-retours qui attendent les plus braves.
Certains y verront un moyen de tomber dans la redondance, et appréhendent les douzaines de voyage à faire (merci le déplacement rapide) , et ils auront bien raison. La surprise vient du fait qu’il est difficile de s’en lasser. Car en effet comme les fans du genre vous le diront, le grinding est le coeur même du RPG. Que ça soit pour farmer de l’XP ou du loot, il est souvent nécessaire de passer quelques heures difficiles à charcuter du monstre dans les plaines. Il s’agit là de temps bien investi car en parallèle vous serez probablement dans l’attente de la construction d’un bâtiment ou d’un objet.

Enfin nous avions parlé plus tôt des ex-Ghibli qui ont travaillés sur le projet et nous retrouvons bien évidemment Joe Hisaishi en chef d’orchestre. Grand nom de la musique japonaise, il a travaillé sur tous les Miyazaki et son travail ne vous est probablement pas inconnu. Dés les premières notes du menu principal on comprends que l’OST va être un chef-d’œuvre, et sur ce point là il n’y a pas de déception.

Au final, Ni No Kuni II ressort comme un bon JRPG qui possède plusieurs éléments relativement peu attrayants individuellement, mais qui une fois mélangés donnent un jeu devant lequel on finit par passer un bon moment. Beaucoup plus court que son aîné (comptez environ 35 heures là où le premier en faisait 80), il arrive cependant à satisfaire les fans du genre. L’histoire peut paraître naïve et simple aux premiers abord, mais Level-5 assume être parti sur des valeur sûres et le tout rend finalement assez bien.
Le système de combat se veut plus libre que le premier opus, mais au final l’aspect Hack’n’slash laisse plus une sensation de rigidité et moins de stratégie. L’aspect construction du royaume est quand à lui addictif, et l’on se retrouve vite à investir plusieurs heures dedans quittes à délaisser la quête principale.

Note: 15/20