Derrière ce titre aguicheur, se cache un joueur frustré et doublé. Star Citizen est le jeu dont tout le monde parle depuis bientôt 3 ans, c’est le jeu de tous les désirs , fantasmes, et craintes. Peu de personnes ont joué à Star Citizen dans mon entourage mais tout le monde sait à quoi il ressemble. Un space opera immense, magnifique, réaliste, élitiste.  Du moins sur le papier…

Je vais vous conter mon aventure – parce que oui c’est avant tout une aventure – avec Star Citizen. Depuis son annonce je suis avec attention son développement via la newsletter de CIG (Cloud Imperium Games) remplie d’informations et de vidéos. Cela s’apparente à un journal de bord des développeurs, c’est très bien fait et on apprend tout ce qu’il faut sur le jeu, sur quoi ils travaillent, sur l’avancement sur les bugs, etc… Seulement c’est de la poudre aux yeux, des promesses, du vent. J’ai attendu la version 3.0.1 de l’alpha pour accéder au jeu via l’achat d’un vaisseau à 45$ (sans les taxes) et me faire un avis concret. Après 3 ans de développement intensifs on obtient un accès anticipé à Star Citizen qui s’apparente à une simple démo technique tellement il n’y a rien : deux planètes, un port spécial, deux satellites et des débris à droite à gauche. On est loin de la carte interactive que l’on peut retrouver sur leur site. Une fois la (mauvaise) surprise digérée, il faut réussir à jouer et c’est une autre paire de manche. C’est tout bonnement impossible, les serveurs sont d’une extrême lenteur ce qui influe sur le framerate du jeu (entre 10 et 45i/s avec une GTX 1080), de plus le changement des réglages visuels ne changent absolument rien, bizarre…. C’est tout simplement vomitif, contre naturel et donc très frustrant. Le jeu est magnifique, photo-réaliste, doté d’un design unique et vivant. Seulement ce n’est pas exploitable, du moins pour l’instant.

Les missions proposées à l’heure actuelle sont de simples voyages en vaisseau visant à récupérer une caisse ou une boite noire à l’autre bout du système . C’est sympa au début mais vite redondant. A noter que je n’ai pas pu finir une seule de ces missions puisque mon vaisseau (payé plus de 45$ je vous le rappelle) ne permet pas d’y monter une caisse de 40cm de coté. Incroyable.

Il fallait que je vous dise tout ça avant d’être objectif sur Star Citizen. Le développement qui a été fait jusqu’ici a été pour des outils d’aide au développement et que la suite sera plus rapide à développer. Cependant à de rares moments j’ai réussi à prendre du plaisir à jouer à Star Citizen, j’ai été ébahi face à l’immensité des planètes, des satellites, du port Olisar, des distances. Tout parait vrai, les PNJ sont crédibles, la vie s’anime extrêmement bien dans le port. Se balader dans l’infini vide en vaisseau donne un sentiment de solitude et de vulnérabilité que je n’ai jamais ressenti, que se soit dans un jeu ou dans la vraie vie. Star Citizen vous fait vitre une autre vie, la voie que vous rêviez peut-être, le fait extrêmement bien mais avec une technique à revoir totalement avant d’être le “jeu du siècle” comme j’aime souvent l’appeler tellement son ambition est grande.

Je ne vous conseillerai que d’attendre avant de vous lancer dans l’aventure qu’est Star Citizen au risque d’être vite déçu et de ne plus vouloir en entendre parler et passer à coté dans quelques mois/années. C’est déjà très prometteur mais le meilleur reste encore à venir, notamment avec la révolution que va apporter la mise à jour 3.1 qui sera, je l’espère, ce qu’aurait du être la 3.0.1. Affaire à suivre.

Note : Infini / 20